Les HUG (Hôpitaux Universitaires de Genève) viennent d’inaugurer un nouveau bâtiment, comprenant 12 étages, prévu pour regrouper ses 30 laboratoires et pour accueillir 300 salariés. Il s’agit d’un bâtiment très sophistiqué dont la conception a nécessité 72 millions de francs.

Le niveau 0 pour l’ensemble des analyses

En tout, les HUG font 6.5 millions d’analyses/an, soit 500 tubes/jour. 65% de ces analyses se font au niveau 0 constitué d’un gigantesque plateau ultra-automatisé. Les prélèvements proviennent des services pneumatiques, donc plus besoin des coursiers d’autrefois. Cela permet de gagner du temps, car il est par exemple possible de transporter plus vite du sang en urgence.

Les échantillons sont triés par une grande machine, la Roche 8100. Premier de ce genre, il peut aussi centrifuger les prélèvements si besoin est. Un tel procédé favorise également plus de sécurité, puisqu’auparavant 90% des erreurs en laboratoire sont causées par un défaut d’étiquetage.

Le niveau 0 fonctionne en tout temps. De minuit à 4 h du matin, il y a 4 salariés des HUG qui s’assurent des urgences.

Une cryothèque

Au sous-sol se trouvent des conteneurs qui contiennent de l’azote liquide de -196°. Ils servent notamment à contenir les substances fragiles. Selon le professeur Hochstrasser, ce cryothèque est nécessaire dans bien des cas, entre autres pour préserver l’échantillon de sperme d’un homme qui risque d’être stérile à la suite d’une chimiothérapie.

Les zones de biosécurité

Ce nouveau bâtiment propose un étage réservé à la bactériologie et un étage consacré à la virologie. Elles comprennent des zones très particulières : laboratoires P3 et P4D. La zone P4D, avec le laboratoire militaire de Spiez, est le laboratoire qui a permis de traiter les patients touchés par l’Ebola. Dans ces zones, les scientifiques peuvent manipuler les mycobactéries pathogènes (mycobactéries de la tuberculose, virus en tout genre…) sans courir le moindre risque.