Après les attentats du vendredi 13, plusieurs associations craignent des mesures répressives sur internet.

Le Premier Ministre a salué les géants du high-tech pour leur collaboration avec les autorités. Le gouvernement s’est associé avec Google, Facebook, Twitter, et d’autres plateformes pour filtrer les contenus qui incitent au terrorisme et pour lutter contre la radicalisation. Mais Manuel Valls veut aller plus loin. Il compte proposer d’autres projets de loi en 2016 concernant la lutte contre le terrorisme. Ainsi, les autorités veulent mettre fin à l’usage du réseau Tor et contraindre les entreprises à leur donner les clés de cryptage pour certaines applications (WhatsApp, Skype…). Aussi, elles souhaitent interdire les connexions WiFi publiques durant l’état d’urgence.

Les défenseurs des libertés sur internet craignent que ces mesures se transforment en loi. Il est évident que DAESH utilise des technologies de cryptage sophistiquées dans ses communications. Toutefois, rien n’indique que ses commandos ont employé ces technologies durant les attentats. Les craintes se confirment davantage lorsque les mesures visant à surveiller internet se sont vite intensifiées avec la ‘loi de lutte contre le terrorisme’ et la ‘loi sur le renseignement’. Plusieurs institutions craignent que d’autres dispositions soient adoptées dans les prochains mois.

 

Non au chiffrement des téléphones

Selon plusieurs observateurs, le chiffrement sera la prochaine cible. Ils se basent notamment sur la demande du procureur de la République, François Molins, qui veut mettre fin au chiffrement des données dans les Smartphones. Il sollicite Apple et Google pour proposer des dispositifs donnant accès aux données lors des investigations.

Ils se fondent aussi sur l’affirmation du Premier Ministre concernant l’usage de moyens de cryptologie légale. Les défenseurs de la cryptographie mettent en garde contre cette initiative, car c’est dangereux d’affaiblir la cryptographie qui est fortement utilisée dans le secteur économique et bancaire, et aussi dans la préservation de la vie privée.

 

Comment se faire entendre ?

Les défenseurs des libertés sur internet affirment que ce sera difficile de se faire entendre dans le climat actuel. Mais ils comptent se baser sur des raisons économiques : la fragilisation des communications entraine des failles favorables à l’espionnage industriel et aux attaques.

En outre, le Parlement Européen commence aussi à s’intéresser au chiffrement. Un texte proposé le 25 novembre dernier suggère de voir de près les techniques de chiffrement qu’utilisent les organisations terroristes.